Les courts métrages du mois

/IMAGINE

Photo du court métrage /Imagine

Anna Apter

Ce court métrage vous sera proposé en avant-programme du film Rien à perdre

En deux mots

Un film malin sur les réseaux sociaux, réalisé à l’aide d’une intelligence artificielle. Prix de la mise en scène et de la critique au Nikon Film Festival 2023.

Synopsis

Aucun enfant n’a fait d’heures supp pour les besoins de cette vidéo car ils n’existent pas.

Pour aller plus loin

/Imagine est fascinant. /Imagine est déroutant.

Un court métrage de son époque, la nôtre, celle de 2023.

Ce voyage au présent est dû à l’actrice Anna Apter, qui signe ici une réalisation qui fera date. Elle a eu l’idée d’utiliser l’intelligence artificielle comme un outil pour composer un film qui raconte son temps et sa technicité. Pour ce faire, elle a utilisé le programme Midjourney, du laboratoire de recherche du même nom.

Elle-même effrayée et fascinée, l’autrice a voulu tester ce qui est décrié comme une menace (l’intelligence artificielle), pour voir ce qu’elle pouvait en faire, tout en restant aux manettes du choix, du montage, de la finalité. Elle a aussi insufflé le scénario, la trame, les idées, et les descriptions précises de chaque personnage, objet, ambiance, saison ou lieu géographique.

La bonne idée est d’avoir opté pour une galerie de portraits d’enfants de treize ans, au moment où l’application Instagram, créée en 2010, fête justement ses treize années d’existence. Le trouble naît donc conjointement des regards, visages, expressions et descriptions des saynètes, tout comme du parallèle entre une génération du futur, à l’ère de la mise en scène de soi via les réseaux sociaux.

Générique


Durée 02’06 – Catégorie Animation – Pays France – Année 2023


LE FIGUIER

Photo du court métrage Le figuier

Kimmy Conchou

Ce court métrage vous sera proposé en avant-programme du film La passion de Dodin Bouffant

En deux mots

Une vraie bataille de mots, absurdes et métaphoriques, dans le seul but de déclancher des rires… Mission accomplie !

Synopsis

Une histoire parmi d’autres, à propos de l’amour, du mariage et des fruits de la passion.

Pour aller plus loin

Comédie désopilante, Le figuier est une conversation à bâtons rompus qui embarque pendant ses deux minutes de récit. Soient deux personnages déjà en plein échange avant que le film commence. L’action démarre dans le feu de l’action, en cours de dialogue avec “Ils vivent dans le figuier”. Le public est ainsi happé par la vitalité d’un moment déjà en cours avant même le début de la fiction.

La force de l’aventure vient de son écriture. Précise, habile, riche. Elle joue des mots, de la polysémie, des métaphores, du premier degré, et de la richesse d’un langage questionné par les protagonistes. Entre champ lexical de la religion et champ lexical des arbres fruitiers, la rencontre est féconde et perturbante à la fois. Car les doubles sens abondent, et les précisions sont nécessaires pour déjouer les quiproquos.

Le réalisateur Jimmy Conchou signe un opus réjouissant par son amour du texte et par sa science des interprétations. Non seulement la construction verbale se savoure, mais aussi l’habileté sémantique de chaque affirmation et de chaque question. Caroline Cristofoli et Louis Vasquez excellent dans leur interprétation, à deviser pêche, pomme ou figue, et à démêler le péché du pêcher !

Générique

Production Les Glands ne savent pas sauter, L’Oeil du Hibou
Scénario Kimmy Conchou
Interprétation Caroline Cristofoli, Louis Vasquez

Durée 2’33 – Catégorie Fiction – Genre Humour – Pays France – Année 2022


LA MAINTENANCE

Photo du court métrage La maintenance

Enzo Croisier

Ce court métrage vous sera proposé en avant-programme du film Vincent doit mourir

En deux mots

Prix d’interprétation féminine au Nikon Film Festival 2023 !

Synopsis

Dans un open-space parisien, Katia discute avec un collègue de bureau lorsqu’elle regarde l’heure. Soudain, elle fait face à une vérité effroyable bouleversant sa vie à jamais.

Pour aller plus loin

Enzo Croisier a judicieusement mis en pratique le défi de la 13e édition du Nikon Film Festival dédiée au nombre 13. C’est en effet à 13 heures que l’action dérape et que la maintenance en question prend tout son sens. Cette dystopie a plus d’un tour dans sa boîte à malice. L’intelligence artificielle exulte dans un monde où les clones humains ont remplacé les salariés dans les open-spaces.

Le Prix d’interprétation féminine attribué à Shirine Boutella est fort mérité. L’actrice incarne avec fluidité – et en temps ramassé – la crédibilité d’une salariée d’entreprise en plein devis, et soudain témoin malgré elle de l’inconcevable, au gré d’une défaillance imprévue. La découverte du récit et de l’univers se fait à travers elle, qui reste incrédule. Ou comment l’humanité est, elle aussi, vouée au recyclage.

En plein débat sur l’intelligence artificielle, ses atouts, ses dangers, ses dérives et ses garde-fous, La maintenance fait figure de parabole bienvenue, vingt ans après A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg, et quatre décennies après Blade Runner de Ridley Scott. Les robots à domicile et les réplicants n’ont qu’à bien se tenir : les sosies humains employés de bureau sont là !

Générique

Production Samuel Marot-Saferis

Musique Samuel Marot-Saferis

Scénario Enzo Croisier

Interprétation Shirine Boutella, Mounir Kateb, Olivier Mathé, Gaspard Meier, Victor Taieb


Durée 02’20 – Catégorie Fiction – Genre Fantastique – Pays France – Année 2023


SEUL SOUS LES AURORES

Photo du court métrage Seul sous les aurores

Valentin Denyset

Ce court métrage vous sera proposé en avant-programme du film Soudain seuls/a>

En deux mots

Solitude, isolement, réflexion, mais silence absolu devant une nature magnifique.
L’aventure étant une façon de regarder les choses…

Synopsis

Au début de l’hiver, au-delà du cercle polaire, j’ouvre la porte d’une cabane en bois perdue au cœur des étendues blanches, loin de toute civilisation. Les aurores boréales embrasent les cieux, et les paysages demeurent incroyablement beaux. Je prends soin de consigner mes idées, mes sensations, et de filmer ma vie d’ermite. Les lieux sont propices à l’émerveillement, à la poésie, à la raison…

Pour aller plus loin

Valentin Denyset explore la planète et ses propres limites. Photographe documentaire, il saisit dans Seul sous les aurores les moments anodins comme spectaculaires de sa retraite de quelques semaines hivernales passées en 2019 dans le comté de Finnmark, en plein grand nord norvégien. Le froid immense envahit chacune des images de ces six minutes de film. Le blanc, la neige, le ciel, le bois, les arbres…

Au centre du récit, une quête. La captation des aurores boréales. Motif du travail plastique d’un autre réalisateur explorateur, Clément Cogitore, ce phénomène lumineux et scientifique explose ici de magnificence durant quelques plans. En accéléré, la fluidité des rayons verts remplit l’écran de nappes uniques, que Valentin Denyset capte avec précision dans le mouvement.

La répétition des gestes quotidiens dans la cabane en bois s’enchaîne avec les échappées extérieures filmées au drone. Glissant sur des skis, avançant en raquettes, ou survivant dans le froid, le réalisateur est le propre aventurier de son film. Celui qui expérimente le monde. C’est là une grande épopée sur la solitude, sur l’isolement, et sur l’apprentissage de soi-même..

Générique


Durée 06’42 – Catégorie Documentaire – Genre Aventure – Pays France – Année 2021


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